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Patrimoine immatériel et minorités ethniques en Chine

Dans le cadre des activités de l’Institut du patrimoine culturel de l’Université Laval (IPAC), s’est tenue le mercredi 11 février une conférence sur le patrimoine immatériel et sur les minorités ethniques en Chine. La conférencière, Mme CHEN Xiaohong, nous venait de l’Université normale du Hunan.

Il y a en Chine 55 minorités ethniques. La conférence portait sur deux d’entre elles : les Dong et les Yao. Ce sont les deux ethnies minoritaires les plus importantes dans la région du Hunan, située au centre-sud de la Chine.

C’est dans l’optique de faire connaître et de montrer la valeur du patrimoine immatériel des Dong et des Yao qu’a été présentée la conférence. Plusieurs éléments culturels de ces ethnies se trouvent présentement sur la liste d’attente du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Le patrimoine culturel immatériel de l’humanité se réfère à tous les aspects intangibles d’une culture, nous parlons ici des fêtes, des chants, de la danse, de l’artisanat, etc. Par exemple, figurent sur la liste de l’UNESCO le flamenco espagnol, le repas gastronomique français, le carnaval de Binche en Belgique ou encore les chants polyphoniques des pygmées Aka de Centrafrique.

Écriture Nüshu | Source Wikipedia

Écriture Nüshu | Source Wikipedia

Ainsi donc, plusieurs thèmes très intéressants ont été présentés, notamment la danse, la musique, l’artisanat et les fêtes. Par exemple, une pratique singulière veut que, chez les Dong, dont la culture religieuse est très marquée par le culte des ancêtres, la croyance en divers esprits et par la divination, lors d’une fête agricole importante, on offre en sacrifice le premier bol de riz aux ancêtres et la première bouchée de riz à un chien.

Ce qui suscite également la curiosité est le nüshu. Il s’agit d’un système d’écriture entièrement développé par des femmes chinoises et exclusivement réservé aux femmes. Ce serait une pratique unique au monde. Le nüshu n’est pas une langue en soi, c’est un système d’écriture. Le style est semblable à l’écriture chinoise, mais n’est pas compréhensible pour un non-initié. Il s’agit d’une écriture de type phonétique (contrairement au chinois, qui ne l’est qu’en partie), héritée de mère en fille. Il s’est développé dans le district de Jiangyong, dans le Hunan, il y a plusieurs siècles, possiblement durant la dynastie des Song (960-1270), pour permettre aux femmes, qui n’avaient pas accès à l’éducation, pour leur permettre de communiquer à l’écrit. Il était utilisé par les Yao, mais pas seulement, par exemple, les femmes Han (l’ethnie majoritaire de la Chine) l’utilisaient aussi.

Lorsque les femmes ont eu accès à « l’écriture des hommes », au début du 20e siècle, le nüshu a perdu en pertinence. Ainsi, Yang Huanyi, la dernière femme issue de cette tradition, est décédée le 20 septembre 2004. Pour que cette pratique ne tombe pas dans l’oubli, on comprend l’intérêt de la mettre sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO et d’en encourager l’étude et la redécouverte.

Sources : Persée et Institut du patrimoine culturel de l’Université Laval (IPAC)

A propos de l'auteur

Collaborateur

Félix Tanguay est diplômé de l’Université Laval et de l’Université de Grenade (Espagne) en histoire et a complété une maîtrise en linguistique à l’UQAM. Il poursuit à présent des études de deuxième cycle en sciences des religions. Ses intérêts variés l’amènent à côtoyer divers courants religieux et spirituels. Ce qui l’anime est la comparaison entre les différentes religions et les différentes sagesses du monde. Ayant séjourné plus de deux ans en Chine, il s’intéresse plus particulièrement au taoïsme et au bouddhisme. Il travaille actuellement sur l’histoire de la notion du lâcher-prise.

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