Grace : la foi et le doute à la croisée des chemins Reviewed by Marie-Hélène Dubé on . Du 26 janvier au 13 février 2016, les théâtres des Miettes dans la Caboche et Dream Team présentaient au Théâtre Périscope la pièce Grace, de l’auteur Craig Wri Du 26 janvier au 13 février 2016, les théâtres des Miettes dans la Caboche et Dream Team présentaient au Théâtre Périscope la pièce Grace, de l’auteur Craig Wri Rating: 0
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Grace : la foi et le doute à la croisée des chemins

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Du 26 janvier au 13 février 2016, les théâtres des Miettes dans la Caboche et Dream Team présentaient au Théâtre Périscope la pièce Grace, de l’auteur Craig Wright (qui nous a entre autres donné Six Feet Under), mise en scène par Charles-Étienne Beaulne. Rare incursion théâtrale dans l’univers de la foi contemporaine, la pièce raconte l’histoire d’un couple de chrétiens pratiquants (Sara et Steve) et de leur voisin (Sam), ingénieur de la NASA survivant d’un accident, qui ne croit plus en rien. Venus du Minnesota, Sara et Steve viennent de s’installer en Floride afin d’y ouvrir une chaîne d’hôtels « à l’image de Jésus », les hôtels Crossroads.

Si le début de la pièce laissait croire que les personnages étaient caricaturaux dans leur rôle de Jesus freaks, la suite nous détrompe rapidement. Grace réussit l’exploit, en à peine plus d’une heure trente, de présenter une incursion intéressante dans la réalité américaine évangéliste et un questionnement pertinent sur le sens de la vie, l’existence du mal et le péché. La pièce propose aussi une critique cinglante du flirt entre matérialisme capitaliste et religion, et ce, tout en restant divertissant à souhait. La foi en Dieu s’y mêle allégrement à la foi en l’immobilier, un lointain investisseur ne donnant pas signe de vie menace l’équilibre du jeune ménage, les chèques s’échangent contre une bonne conscience… le matériel et le spirituel ne s’unissent pas que sous forme d’hôtel dans Grace.

Par ailleurs, bien que la critique contre l’hypocrisie religieuse ne manque pas, la foi en tant que telle n’est jamais attaquée ou condamnée et son traitement reste tout en nuances. Loin des grandes expériences mystiques, la foi et le sens de la vie peuvent aussi bien se trouver dans les petits riens du quotidien : une photo, une ancienne connaissance qu’on recroise, l’amitié d’une voisine.

Les acteurs excellents, le décor simple et la mise en scène ingénieuse (télescopant les appartements du jeune couple et de Sam en un seul où les personnages se croisent sans se voir, puisqu’ils sont en fait sur deux étages différents) rendent tout à fait justice à la pièce de Wright. Seule ombre au tableau : la pièce débute avec la fin de l’histoire, pour ensuite nous montrer ce qui a mené à l’événement final. Or, j’aurais largement préféré ne pas savoir tout de suite comment l’histoire se terminait. Malgré cela, Grace, avec ses dialogues bien ficelés et les occasionnels jeux de mots savoureux (mention spéciale à l’entreprise Sonrise, avec un O), reste un excellent divertissement, qui force le public à se remettre en question sans qu’il en ait l’impression…

Un compte-rendu de Marie-Hélène Dubé

Grace a été présenté au Théâtre Périscope de Québec du 26 janvier au 13 février 2016.

A propos de l'auteur

Collaboratrice

Après avoir complété son baccalauréat en sciences des religions, Marie-Hélène s’est lancée dans une maîtrise en communication publique. Ses disciplines favorites sont l’anthropologie et la philosophie des religions. Elle s’intéresse beaucoup aux rapports entre religion et culture, aux rituels et aux fêtes. Les rapports au corps et au langage, ainsi qu’à la mort constituent d’autres de ses dadas. Finalement, elle a un faible pour les mythologies amérindiennes et scandinaves, tout en cultivant un intérêt certain pour les religions chinoises. Éclaté, vous avez dit?

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