Compte-rendu du film St. Vincent Reviewed by Hugues St-Pierre on . St. Vincent n’est pas un film sur la religion. Non. Ce n’est pas un film sur la sainteté, ni sur l’élection/nomination (?) de saints par l’Église catholique. C’ St. Vincent n’est pas un film sur la religion. Non. Ce n’est pas un film sur la sainteté, ni sur l’élection/nomination (?) de saints par l’Église catholique. C’ Rating: 0
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Compte-rendu du film St. Vincent

St. Vincent n’est pas un film sur la religion. Non. Ce n’est pas un film sur la sainteté, ni sur l’élection/nomination (?) de saints par l’Église catholique. C’est un film sur l’être humain. L’humain pouvant être saint par ce qu’il peut faire, par le bien.

Sans entrer dans les détails, le film de Theodore Melfi nous amène dans le quotidien de Vincent (Bill Murray), un homme triste pour qui la vie lui laisse un goût amer. Pourtant, au fil de l’histoire on réalise qu’il est plus « saint » qu’on ne le pense. En fait, le film tourne autour de ce qui rend les gens remarquables, bons, malgré les premières apparences. Qu’au fond de nous, malgré des habitudes discutables, nous pouvons être de bonne personne. Des saints au passé plus glorieux que laissent paraître nos premiers regards de jugement. St. Vincent raconte l’histoire d’un homme qui se voit, par la force du hasard, mené à garder un nouveau voisin, le petit Oliver (Jaeden Lieberher), un simple enfant. Par la force des choses, ce jeune est entraîné dans le quotidien quelque peu recommandable de Vincent —courses de chevaux, bar, jeux d’argent —, mais aussi dans le quotidien plus discret et honorable… Vous décrire cet aspect du scénario serait vous gâcher votre appréciation du film.

            Disons seulement que le film utilise avec brio l’idée selon laquelle les saints de l’Église catholique sont avant tout des humains et que leur nomination se base sur des critères tout aussi humains et que ces mêmes critères peuvent s’appliquer, quand on s’y attarde un peu, à presque n’importe qui pour qui l’être humain vaut la peine d’être compris dans ses nuances parfois les plus trash. En effet, certaines scènes clés du film racontent l’expérience du jeune Oliver en classe, dans sa nouvelle école à confession religieuse où un prêtre-professeur (Chris O’Dowd) parle de religion et plus précisément de Saints. Le propos du film prend tout son sens grâce à ces moments. Le scénario est construit par ce brillant parallèle entre le discours de l’Église sur les saints et la « vraie vie » dont les nuances ne sont pas toujours roses. Mais n’ayez crainte, il ne s’agit pas d’un film en faveur de l’Église. Au contraire, le personnage du prêtre est d’ailleurs suffisamment désillusionné, mais sans être trop cynique non plus…

Bref, les humanistes seront contents de ce film comme le seront tout autant les amateurs de Bill Murray. D’ailleurs, je me permets d’affirmer que j’ai pleuré à la fin… ce qui est un bon signe pour les personnes qui sont, comme moi, blasées par un cinéma insipide. Une histoire simple, voire simpliste, mais qui se veut efficace, réaliste et émouvante. Une histoire qui actualise le « religieux » au goût, non pas du jour, mais au goût de l’humanité.

Un compte-rendu de Hugues St-Pierre

A propos de l'auteur

Cofondateur

Hugues St-Pierre est diplômé en philosophie ainsi qu’en sciences des religions, programme dans lequel il poursuit aujourd’hui à la maîtrise. Ses intérêts sont principalement orientés vers les analyses discursives, la sexualité et les phénomènes religieux contemporains. Un faible penchant pour la philosophie et l’anthropologie des religions se fait aussi sentir. En tant qu’homme d’idée, Hugues St-Pierre est toujours sur la route de l’univers des possibles à la recherche de projets ambitieux. Il est, entre autres, l’instigateur et l’un des quatre cofondateurs du site Internet de LMD.

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