Brahma Kumaris : Croyances, dogmes et vision du monde Reviewed by Frédérique Bonenfant on . Le fondateur des Brahma Kumaris, Lekhraj Kripalani, disait recevoir ses visions directement de « l’Âme suprême », qui lui aurait révélé la vraie nature de l’hom Le fondateur des Brahma Kumaris, Lekhraj Kripalani, disait recevoir ses visions directement de « l’Âme suprême », qui lui aurait révélé la vraie nature de l’hom Rating: 0
Vous êtes ici:Accueil » Uncategorized » Brahma Kumaris : Croyances, dogmes et vision du monde

Brahma Kumaris : Croyances, dogmes et vision du monde

Le fondateur des Brahma Kumaris, Lekhraj Kripalani, disait recevoir ses visions directement de « l’Âme suprême », qui lui aurait révélé la vraie nature de l’homme (une âme éternelle empruntant un corps physique) et le fonctionnement du monde (le grand cycle de Brahma). Les enseignements transmis ainsi par Lekhraj portent le nom de « murlis », en référence à la musique de cette flûte traditionnelle indienne (associée aussi à Krishna dans la mythologie hindoue). Ces enseignements forment le corpus de base de la tradition Brahma Kumaris.

L'arbre de la vie humaine | Source : kerala.brahmakumaris.com

L’arbre de la vie humaine | Source : kerala.brahmakumaris.com

Bien que les croyances et la vision du monde propres aux Brahma Kumaris semblent issues directement de la tradition hindoue, de nombreuses notions traditionnelles furent soumises à une interprétation inédite. L’emploi du terme Raja Yoga, par exemple, n’est pas appuyé par la tradition du yoga que l’on connaît généralement (issue des Yogasūtra de Patañjali), mais plutôt sur une interprétation de la « vraie essence » du yoga qui aurait été révélée au fondateur.

Du point de vue strictement théologique, la trimurti hindoue (les trois fonctions de création, de préservation et de destruction de l’univers associées aux dieux Brahma, Shiva et Vishnou) fut revisitée : Shiva n’est pas considéré comme un des pôles de la trimurti, mais représente plutôt l’âme suprême placée au-dessus du trio composé de Shankar, Brahma et Vishnou. Lekraj est reconnu pour avoir manifesté Brahma, la bouche de Vishnou, d’où le surnom de Brahma Baba (Baba est un nom de respect pour les hindous), auquel il se serait complètement identifié après avoir laissé son corps physique. Dans cette conception du monde, Shiva se manifeste aux humains sous son aspect créateur (Brahma) à la fin du grand cycle cosmique pour apporter aux âmes une connaissance salvatrice.

Comme dans les courants hindouistes, les Brahma Kumaris possèdent une vision cyclique du temps basée sur quatre grands âges : sat yuga (âge d’or), treta yuga (âge d’argent), dvapar yuga (âge de cuivre) et le kali yuga (l’âge de fer). La particularité propre aux Brahma Kumaris est de considérer la durée de chacun de ces cycles comme étant de 5 000 ans (les cycles varient dans l’hindouisme, mais tournent plus aux alentours de 500 000 ans). L’humanité se trouve actuellement à la fin de l’âge de fer et en route vers l’âge d’or, dans une période de transition que les Brahma Kumaris appellent l’âge de diamant. C’est à ce moment troublé que Brahma choisirait, selon leurs croyances, d’agir dans le monde humain (en l’occurrence à travers la forme de Lekhraj) pour rappeler à l’humanité sa véritable identité et lui offrir une voie de retour à la lumière à travers le Raja Yoga. L’amnésie des âmes et leur identification illusoire au corps physique correspondent aux principales caractéristiques de la dégradation du monde à travers les âges.

Les Brahma Kumaris accordent une grande importance au concept de la réincarnation, avec la particularité que l’humanité ne peut se réincarner dans un corps non humain. Les actes de la vie d’un individu déterminent le contexte de sa prochaine naissance selon les lois du karma (principe de causalité : toute action engendre une réaction). Le même principe détermine également l’âge auquel une âme peut commencer le grand cycle en s’incarnant pour une première fois dans un monde. L’objectif des brahmines, ceux qui suivent la voie spirituelle des Brahma Kumaris, est de purifier suffisamment leur karma pour pouvoir jouir de quelques incarnations à l’époque de l’âge d’or avant de poursuivre le grand cycle avec l’ensemble des autres âmes. Les âmes moins méritantes attendent auprès de l’Âme suprême la dégradation progressive du monde avant d’amorcer une nouvelle série d’incarnations. Selon cette vision, notre monde est actuellement peuplé d’un mélange d’âmes aux karmas les plus variés, expliquant, selon les Brahma Kumaris, la confusion et la violence en progression.

Les visions tardives de Lekrhraj comportaient un important volet apocalyptique, décrivant de manière troublante le temps de la fin du cycle actuel, où la terre était assiégée par les guerres et la pollution. Les Brahma Kumaris attendent la fin des temps dans un avenir prochain, sans toutefois se mouiller sur des prédictions datées. Le travail ici et maintenant leur permettra, dans leurs espoirs, de renaître au début du prochain cycle pour jouir pleinement de l’âge d’or.

Dadi Gulzar | Photo : Ramesh Raina

Dadi Gulzar | Photo : Ramesh Raina

Suite à son décès, Lekhraj est reconnu par les adeptes comme ayant rejoint l’Âme suprême, mais se manifeste régulièrement à travers un médium, Dadi Gulzar, une des sœurs aînées du mouvement. L’entité « canalisée » par Dadi Gulzar est appelée BapDada (père et grand frère), et transmet des enseignements complémentaires aux premiers murlis, appelés Avyakt murlis.

Retour au sommaire

La structure du mouvement
Les pratiques des Brahma Kumaris

A propos de l'auteur

Collaboratrice

Frédérique Bonenfant est diplômée en philosophie, avec une spécialisation en philosophie pour enfant. Après plusieurs années en tant que coordonnatrice de projets communautaires, elle fait un retour aux études afin d'approfondir ses connaissances et ses aptitudes en matière d’organisation communautaire d’activités religieuses ou spirituelles. Ses recherches actuelles portent sur la pratique du dialogue interreligieux au niveau local, mais ses intérêts s’étendent à l’événementiel, aux nouvelles spiritualités et nouveaux mouvements religieux. Sa perspective socio-anthropologique la maintient très près du « terrain », là où les nouveaux paysages religieux s’expriment en premier lieu.

Nombre d'entrées : 31

Laisser un commentaire

Retour en haut de la page