Compte-rendu du film François, apôtre de l’Amérique Reviewed by Steeve Bélanger on . Le 2 octobre dernier, le documentaire François, apôtre de l’Amérique, réalisé par François-Édouard de la Roche-Francoeur, un jeune cinéaste émergeant, a été pré Le 2 octobre dernier, le documentaire François, apôtre de l’Amérique, réalisé par François-Édouard de la Roche-Francoeur, un jeune cinéaste émergeant, a été pré Rating: 0
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Compte-rendu du film François, apôtre de l’Amérique

Le 2 octobre dernier, le documentaire François, apôtre de l’Amérique, réalisé par François-Édouard de la Roche-Francoeur, un jeune cinéaste émergeant, a été présenté en première médiatique au Séminaire de Québec en présence de Mgr. Gérard C. Lacroix, du Supérieur général du Séminaire, le chanoine Jacques Roberge, et de divers membres des communautés religieuses de la grande région de Québec.

Ce documentaire aborde un personnage qui a marqué de manière durable l’histoire de Québec et plus largement du Québec en raison de la grandeur de ses réalisations, mais qui demeure un précurseur généralement méconnu du grand public outre la mimesis collective de son nom que porte la première université francophone en Amérique du Nord et une municipalité sise au nord de Montréal. De fait, le paysage québécois porte en lui les traces indélébiles de l’œuvre de François de Montmorency-Laval, mieux connu sous le nom de François de Laval, qui arriva en Nouvelle-France en 1659 pour consolider l’église naissante qui s’étendait alors de l’Acadie à la Louisiane, puis le nouveau diocèse de Québec qui sera fondé en 1674. Âgé de 36 ans, ce jeune évêque et vicaire apostolique de la Nouvelle-France, proche de la cour de Louis XIV, s’acharna alors à mettre en place les structures d’encadrement et de formation de la jeune église et de la communauté placée sous sa responsabilité.

Véritable bâtisseur, il fonda, en 1663, le Séminaire de Québec pour la formation d’un clergé en Nouvelle-France et cinq ans plus tard, soit en 1668, le Petit Séminaire de Québec pour la formation des jeunes garçons en vue de leur future prêtrise. Empreint d’une grande spiritualité, dont Marie de l’Incarnation souligna la profondeur remarquable, Monseigneur de Laval consacra sa vie à sa communauté et à l’évangélisation des Amérindiens dont il défendit la dignité en s’opposant, notamment, au trafic d’alcool avec les Français. Pasteur dévoué au service de ses brebis éparpillées sur un vaste territoire, Monseigneur Laval considérait son apostolat dans un esprit missionnaire et un idéal évangélique, n’hésitant pas à parcourir à pied ou en canot les différentes communautés de son diocèse, et désirait que son clergé soit à la fois disponible et mobile dans la pratique de leur ministère. D’ailleurs, pour François de Laval, « c’est au grand Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers en sa vigne, toute notre industrie humaine et nos soins empressés n’avancent point l’œuvre du Bon Dieu ». Il mourut en 1708, cent ans après la fondation de la ville de Québec, à l’âge de 85 ans.

Si le documentaire reflète bien la dimension apostolique du ministère de François de Laval, véritable apôtre en Amérique, son attention s’attache moins à la dimension historique de ce personnage qu’à sa dimension spirituelle. Ainsi, hormis quelques références historiques, c’est à la pensée de celui qu’on qualifie de visionnaire que s’attache à présenter le documentaire afin de mieux faire connaître la profondeur spirituelle qui l’animait. D’ailleurs, pour le jeune réalisateur, ce documentaire « se devait d’abord d’être un film empreint de spiritualité ». Bien qu’il n’ait laissé que très peu d’écrits proprement spirituels, la spiritualité de ce maître se laisse saisir notamment dans sa correspondance où il est possible de percevoir l’importance qu’il accordait à la pauvreté, au partage et à la mise en commun des biens, à l’humilité et à la mission apostolique.

L’impulsion de ce film fut insufflée par Mgr. Lacroix qui en confia le soin au père Tom Rosica de la télévision catholique Sel + Lumière, ce qui indique d’emblée l’orientation première poursuivit par ce projet, soit de présenter d’un point de vue religieux et spirituel la figure fondatrice du Séminaire de Québec. Cela n’enlève cependant rien au bien-fondé de ce projet qui survient quelques mois après la canonisation de François de Laval (3 avril 2014). Entrecoupant reconstitutions historiques, visites du Séminaire de Québec et témoignages de théologiens, d’historiens et de religieux, ce documentaire présente un visage trop méconnu d’un personnage marquant de notre histoire. On notera cependant certains choix plus malheureux dans la réalisation, notamment des entrevues en caméra portée (caméra à l’épaule) qui a parfois déconcentré l’attention de l’assistance, et la présence du journaliste Charles Le Bourgeois qui a conduit les différentes entrevues, mais qui ne conserve qu’un rôle figuratif dans le documentaire alors qu’une participation plus active aurait été souhaitable. Malgré tout, ce documentaire mérite attention ne serait-ce que pour (re)découvrir une figure qui s’inscrit dans l’histoire religieuse et spirituelle du Québec. Le documentaire sera présenté, au Vatican, en grande première médiatique le 11 octobre prochain, puis remis en main propre au pape François le lendemain. Il sera également diffusé à Sel + Lumière à partir du lundi 20 octobre.

Un compte-rendu de Steeve Bélanger

L'équipe de production du film 'François, apôtre de l'Amérique', lors de l'avant-première médiatique le 2 octobre 2014 | Photo : Steeve Bélanger (LMD)

L’équipe de production du film ‘François, apôtre de l’Amérique’, lors de l’avant-première médiatique le 2 octobre 2014 | Photo : Steeve Bélanger (LMD)

 

Mgr. Gérard C. Lacroix lors de l'avant-première médiatique du film 'François, apôtre de l'Amérique',  le 2 octobre 2014 | Photo : Steeve Bélanger (LMD)

Mgr. Gérard C. Lacroix lors de l’avant-première médiatique du film ‘François, apôtre de l’Amérique’, le 2 octobre 2014 | Photo : Steeve Bélanger (LMD)

 

Le chanoine Jacques Roberge, Supérieur général du Séminaire lors de l'avant-première médiatique du film 'François, apôtre de l'Amérique',  le 2 octobre 2014 | Photo : Steeve Bélanger (LMD)

Le chanoine Jacques Roberge, Supérieur général du Séminaire lors de l’avant-première médiatique du film ‘François, apôtre de l’Amérique’, le 2 octobre 2014 | Photo : Steeve Bélanger (LMD)

Le réalisateur du film François, apôtre de l'Amérique, François-Édouard de la Roche-Francoeur, lors de l'avant-première médiatique du 2 octobre 2014 | Photo : Steeve Bélanger (LMD)

Le réalisateur du film François, apôtre de l’Amérique, François-Édouard de la Roche-Francoeur, lors de l’avant-première médiatique du 2 octobre 2014 | Photo : Steeve Bélanger (LMD)

 

 

Pistes Internet à consulter sur François de Laval :

Site dédié à François de Laval
Site de
Sel et Lumière
Site du Séminaire de Québec
Site de l’ECDQ, portail médias de l’église catholique du Québec

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