Noé, un film de science-fiction? Reviewed by Hugues St-Pierre on .  Le titre de ce billet pourra paraître surprenant, mais oui, cette question m'est réellement passée par la tête. C'est d'ailleurs dans cet état d'esprit que j'a  Le titre de ce billet pourra paraître surprenant, mais oui, cette question m'est réellement passée par la tête. C'est d'ailleurs dans cet état d'esprit que j'a Rating: 0
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Noé, un film de science-fiction?

 Le titre de ce billet pourra paraître surprenant, mais oui, cette question m’est réellement passée par la tête. C’est d’ailleurs dans cet état d’esprit que j’ai visionné le film. Alors, est-ce que Noé de Darren Aronofsky peut être regardé et appréhendé comme un film de SF? À mon avis, oui. Pourquoi? Car on peut facilement y voir des thématiques propres au genre. Sans prétention, voici les quatre éléments principaux que j’ai ciblés :

Un univers postapocalyptique

Noé nous offre une belle représentation d’un monde désertique ravagé par l’homme, où les ressources sont rares et où l’on peut voir les vestiges d’une civilisation antérieure. Typique des bons vieux films de SF des années 1980 ou des livres des années 1940 et 1950 où le monde est brûlé par l’effet de guerres principalement atomiques. Un drôle de sentiment me donne l’impression qu’on peut même y voir une inspiration du film Mad Max 2 avec Mel Gibson : les sales et méchants punks dont le leader est le pire sauvage de tous qui veut le pouvoir des ressources. Dans Mad Max, c’est le pétrole, dans Noé c’est la forêt. Ils sont « badass », les méchants de Mad Max 2.

Pourquoi le méchant de Noé porte-t-il un casque de soudeur?

 

Le Seigneur Humungus (Kjell Nilsson) dans Mad Max 2

Le Seigneur Humungus (Kjell Nilsson) dans Mad Max 2

 

Une conscience environnementale

Il faut sauver les animaux du joug des humains, car ils sont innocents. Le film en soi semble parfois frôler la fable écologiste : tout est détruit, une forêt mystérieuse apparaît, le méchant roi s’en accapare, ainsi de suite. C’est la nature humaine : manger la main (littéralement) qui le nourrit. Il faut donc sauver la nature de cette tendance de l’humain à ravager la nature pour ses propres besoins. Cette conscience environnementale m’a drôlement fait penser au livre de Philip K. Dick, Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques? (qui a donné le film Blade Runner de Ridley Scott) où la réflexion à ce sujet est très présente.

Des créatures venues de l’espace

Les anges déchus, sont-ils une espèce de l’espace? Les images de leur chute sur la Terre en donnent l’impression. D’où viennent-ils, pourquoi ont-ils été créés? Ces anges me font penser aux robots rongés par la rouille dans l’anime japonais Cashern Sins

Les communications avec le Créateur

Les moyens par lesquels le Créateur prend contact avec Noé m’ont fait penser, encore une fois, à un livre de Philip K. Dick : Radio Free Albemuth. Dans ce livre, le personnage de Nicholas Brady reçoit des messages de la part d’un satellite extra-terrestre qui frôlent l’hallucination et qui lui font vivre des expériences religieuses très proches de celles de Noé. Ce dernier reçoit-il ses ordres d’un extra-terrestre? Qui est ce Créateur qui ne se fait jamais appeler Dieu? Les hallucinations sont typiques d’œuvres d’anticipation. Pourquoi parler directement à quelqu’un quand on peut lui faire vivre des trips dignes du LSD!?

Ces éléments pourraient être décrits en long et en large, mais je suis paresseux. Si vous êtes comme moi des amateurs de science-fiction (ou pas), je vous invite à voir ou à revoir le film sous cet angle. À mon avis, Noé peut être compris comme de la SF, mais cette caractéristique n’en fait pas un meilleur film pour autant. Au contraire, à mon avis Noé est une pseudo science-fiction psychodramatique « malaisante ». C’est mon constat…

 

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Noé et sa famille dans un environnement post-apocalyptique

 

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Noé confronte verbalement le méchant roi « badass »

 

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Un des Anges déchus appelés Watchers en anglais

 

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Le Créateur contact Noé à travers des hallucinations visuellement bien réussies

A propos de l'auteur

Cofondateur

Hugues St-Pierre est diplômé en philosophie ainsi qu’en sciences des religions, programme dans lequel il poursuit aujourd'hui à la maîtrise. Ses intérêts sont principalement orientés vers les analyses discursives, la sexualité et les phénomènes religieux contemporains. Un faible penchant pour la philosophie et l'anthropologie des religions se fait aussi sentir. En tant qu'homme d'idée, Hugues St-Pierre est toujours sur la route de l'univers des possibles à la recherche de projets ambitieux. Il est, entre autres, l'instigateur et l'un des quatre cofondateurs du site Internet de LMD.

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