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Hajj, le pèlerinage à La Mecque

Le Hajj, le pèlerinage à La Mecque, représente l’un des cinq piliers de l’islam que doivent respecter les musulmans. Rappelons brièvement ces cinq piliers :

1. la Chahada, la profession de foi qui consiste à déclarer avec conviction qu’« Il n’y a pas d’autre dieu qu’Allah et Mohammed est Son messager (Son prophète) » ;
2. la prière cinq fois par jour : à l’aube, à midi, au milieu de l’après-midi, au coucher du soleil, et dans la soirée ;
3. le don de la Zakat, c’est-à-dire le soutien ou aumône aux pauvres);
4. le jeûne de Ramadan qui a lieu une fois par année de l’aube jusqu’au coucher du soleil et qui inclut l’abstinence sexuelle;
5. le Hajj, le pèlerinage à La Mecque (de l’arabe « Makka ») où se trouve la Mosquée Sainte aux sept minarets (Masjid al-Haram) qui abrite la Kaaba (Ka’ba ou Ka’aba, noms qui signifient le « cube » en arabe), un édifice de forme cubique (approximativement de 15 mètres de hauteur, de 11 mètres de largeur et de 13 mètres de longueur) que Dieu a ordonné à Abraham et à son fils Ismaël de construire à l’endroit où Adam aurait lui-même bâti le premier temple de toute l’humanité et qui demeure vide de tout objet pour rappeler qu’il n’y a pas d’autre culte que celui voué à Dieu. Tout musulman qui possède les capacités physiques et financières doit réaliser le Hajj au moins une fois au cours de sa vie.

Les rituels du Hajj

Le pèlerinage à La Mecque comporte une série de rites devant s’effectuer entre le huitième et le douzième ou treizième jour du douzième mois du calendrier islamique (en 2014, le Hajj aura lieu au mois d’octobre). Le pèlerinage débute aux portes de l’Arabie. Le pèlerin doit alors prononcer un vœux intérieur en répétant une formulation rituelle à trois reprises. Cette formulation lui permet alors d’entrer en état de sacralisation (ihram) nécessaire pour débuter les premières étapes du pèlerinage.

Pèlerins allant à la Mecque, Huile sur toile, 1861, Léon Belly (1827-1877)

Pèlerins allant à la Mecque, Huile sur toile, 1861, Léon Belly (1827-1877)

Une fois arrivé à La Mecque, le premier jour du rituel débute par deux marches obligatoires. La première consiste à tourner à sept reprises autour de la Kaaba (c’est ce qu’on appelle la circumambulation) et la seconde consiste à faire sept allers-retours entre les collines de Safa et de Marwas (7 X 420 mètres) en souvenir de l’errance d’Agar, la femme d’Abraham, qui recherchait de l’eau pour son fils Ismaël. Le pèlerin s’abreuve ensuite à la source du puits Zem Zem avant de se rendre au lieu désertique de Mina (à environ 4 km de la Mecque) où des tentes sont dressées pour accueillir des centaines de milliers de pèlerins et où sont accomplies les prières de l’après-midi, du soir et du matin. Au deuxième jour, le pèlerin se rend au Mont Arafat (20 km), où Mohamed fit son discours d’adieu en 632, et y demeure jusqu’au coucher du soleil. Il doit ensuite se rendre dans la vallée de Muzdalifa (10 km), où il récite les prières du soir et se munit de cailloux pour la suite du rituel. Le troisième jour, le pèlerin doit se rendre au lieu où Abraham est censé avoir amené son fils Ismaël pour le sacrifier. Se dressent à cet endroit trois piliers qui représentent les trois tentations de Satan. Le pèlerin jette alors les pierres qu’il a recueillies sur la plus grande des trois stèles en disant : Allahou Akbar (« Dieu est le plus grand »). Ce geste représente la lapidation de Satan. Les hommes se font alors raser le crâne ou diminuer la chevelure et les femmes se les font raccourcir. Un animal est ensuite sacrifié en guise de commémoration symbolique du bélier sacrifié par Abraham à la place de son fils. Le pèlerin effectue par la suite à nouveau le rite de circumambulation afin de sortir de l’état de sacralisation. Il retourne alors à Mina pour y passer la nuit. Les quatrième, cinquième et sixième jours, le pèlerin effectue chaque jour le rituel de lapidation, mais cette fois sur les trois stèles, et au dernier jour, il refait une circumambulation nommée la circumambulation d’adieu. Ce rite marque alors la fin du Hajj et le pèlerin est désormais un hâj (ou hajji dans les pays non arabophones), terme qui finit par devenir synonyme de grand âge, de sagesse et de distinction sociale.

Références

Exposition Hajj, le pèlerinage à la Mecque, Institut du monde arabe, Paris

 

Pour quelques statistiques sur la population musulmane :

http://www.pewforum.org/2011/01/27/the-future-of-the-global-muslim-population/

Pour aller plus loin

Slimane Zéghidour, La Mecque, au coeur du pèlerinage, Paris, Larousse – Geo, 2003, 188 p.

Omar Saghi, Paris-La Mecque : sociologie du pèlerinage, Paris, Presses universitaires de France, 2010, 284 p.

Slimane Zéghidour, La vie quotidienne à la Mecque de Mahomet à nos jours, Paris, Hachette, 1989, 445 p., coll. « Vie quotidienne »

 

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